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GREGORY CREWDSON ▪ AN ECLIPSE OF MOTHS

  • Photo du rédacteur: Eric Poulhe
    Eric Poulhe
  • 14 janv. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 juin 2023

GALERIE TEMPLON, PARIS

7 novembre 2020 – 23 janvier 2021

Quatre ans après la spectaculaire « Cathedral of the Pines », Gregory Crewdson dévoile pour la première fois en Europe sa toute dernière série « An Eclipse of Moths », un ensemble de seize photographies panoramiques, fruit de plus de deux ans de travail.

Dans une Amérique en pleine crise sanitaire et politique, alors que la campagne présidentielle bat son plein, Gregory Crewdson, maître incontesté de la « photographie de mise en scène » propose une lecture à la fois empathique et critique de son pays. Scènes d’extérieur campées dans une petite ville désolée de la Nouvelle Angleterre post-industrielle, ces œuvres ont été conçues par l’artiste comme une méditation sur la fragilité du monde, l’échec, le besoin de rédemption et la quête de transcendance.

Depuis plus de 25 ans, Gregory Crewdson crée des photographies complexes, finement scénarisées, qui puisent largement dans les codes du cinéma. Son processus de création s’apparente d’ailleurs à la production d’un film avec toute sa complexité logistique et technique : storyboard, équipe de techniciens, choix des sites, éclairages sophistiqués et pose des acteurs. En concertation avec la municipalité, l’artiste a parcouru la ville pendant de longs mois avant de trouver les différents lieux qui ont servi de décors : dépôt de taxi, usines fermées, voûtes funéraires en béton, jardins à l’abandon… Crewdson a ainsi troqué les scènes d’intérieur intimes qui l’ont fait connaître pour des paysages urbains à la fois grandioses et inquiétants. L’action semble s’y démultiplier en plusieurs points de vue ou saynètes ambigües : deux cercueils abandonnés sur la route tandis qu’un brancard vide attend sur la pelouse ; une automobiliste immobilisée par la chute de feux de signalisation tandis qu’un homme fixe un biberon ; un SDF face à une flaque de pétales de roses alors que des jeunes désœuvrés patientent devant un container. Chaque détail, nom de rue ou accessoire, jette une lumière inattendue sur la solitude palpable des personnages.


Galerie Templon

Sélection

Commentaire ♥♥♥♥♥


Pour la première fois en Europe, le photographe américain Gregory Crewdson expose à la galerie Templon sa toute dernière série « An Eclipse of Moths » réalisée sur deux ans entre 2018 et 2019. 16 tirages panoramiques en grand format de 2,45 m de long sur 1,45 m de haut sont accrochés au rez-de-chaussée et au sous-sol de la galerie.

Depuis quarante ans, le photographe montre l’envers du décor du rêve américain. Dans cette série, il a placé son objectif à Pittsfield dans l’état du Massachusetts. Chaque photographie est une véritable scène de cinéma prenant comme décor, un environnement urbain qui semble totalement à l’arrêt. Sans le savoir ces images font échos aux images prises pendant la crise sanitaire de 2020 et les mesures de confinement. Les artères sont vides et dépeuplées, les magasins fermés et les sites industriels désaffectés.

Chaque cliché est le résultat d’un long travail de préparation et de scénarisation. L’atmosphère y est inquiétante, pesante et intrigante. Le suspense est total. A Brown Street, pourquoi une camionnette se retrouve au milieu de la route les portes arrière grandes ouvertes. S’agit-il d’un vol, d’une panne, d’un braquage ? A Cherry Street que pense cette femme dépitée l’air hagard devant un brancard vide au milieu du jardin à une cinquantaine de mètres de l’ambulance ? Sur Lake Boulevard, que s’est-il passé qui justifie le blocage de la route par la Police avec une femme policière qui surveille une camionnette ? Qui a mis le feu à une remorque de Red Star Express, semblent se demander les enfants venus voir le spectacle à vélo ?

Bien que les images montrent des scènes de désolation avec des personnages dans des postures de résignation ou d’abandon, on a le un sentiment d’espoir puisque que la vie est encore présente. Peut-être la rédemption pour cette Amérique « Trumpiste ».


E.P.


 
 
 

1 commentaire


Marie-Pierre POULHE
Marie-Pierre POULHE
14 janv. 2021

Photos parfois insolites prises dans des lieux plus ou moins étranges

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EXPO PHOTO

© 2017 Eric Poulhe Photographie

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