HOMMAGE À ANDRÉ SAS
- Eric Poulhe
- 16 juin 2023
- 2 min de lecture
LA GALERIE DES PHOTOGRAPHES, PARIS
7 juin 2023 – 24 juin 2023

« Quelques jours après le décès de mon père, André Sas, en 2020, j’ai reçu de nombreux témoignages très émouvants et plein d’éloges à son égard de la part de ses anciens collègues et partenaires de la profession « me proposant de m’aider à valoriser le patrimoine photographique laissé par mon père ».
Je restais sans voix. J’ai réalisé – peut-être tardivement – l’immensité de l’héritage et de l’œuvre que je récupérais. En toute modestie, j’ai également compris la valeur artistique de ces archives et l’importance de continuer à les faire vivre.
C’est dans cet esprit que nous avons décidé avec mes fils, Julien et Nicolas, d’organiser cette exposition-hommage, réunissant certaines des plus belles photos prises par mon père.
Parmi les centaines d’images, nous avons choisi de privilégier aujourd’hui les portraits de célébrités (Édith Piaf, Brigitte Bardot, Salvador Dalí, le Général de Gaulle, J.F. Kennedy, ou bien encore le Pape…) sans oublier pour autant ses reportages sur le terrain au cœur de l’actualité de l’époque.
Il est bien impossible de résumer une œuvre en 70 images exposées, mais nous avons vite réalisé que montrer les photos de mon père, c’est se replonger dans la France des années 1950-1960. Une France qui se reconstruit, et qui savoure une liberté retrouvée.
Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de joie et d’émotion que nous partageons avec vous cette œuvre généreuse et pleine de vie, reflet d’un moment clef de la société française au 20ème siècle. »
Philippe Sas
Sélection
Commentaire ♥♥♥♥♥
Avec le concours de son fils Philippe, la Galerie des Photographes rend hommage au photographe André Sas, décédé le 2 avril 2020, à l’âge de 91 ans, à Saint-Maur-des-Fossés. Il était l’ami de Raymond Depardon. Dans les années 1950 et 1960, il faisait partie de ces photographes qu’on voyait, le Rolleiflex à la main, prêt à saisir Juliette Gréco et Miles Davis amoureux, Jeanne Moreau sur un plateau de tournage, Jean-Paul Belmondo, espiègle, en gardien de but, Simone Signoret et Yves Montand dans un moment d’intimité et de tendresse, ou Alain Delon en représentation mondaine.
Regarder les photographies d’André Sas, c’est se replonger dans une France des années 1950-1960 qui savoure sa liberté retrouvée et une certaine insouciance. La concurrence entre les photographes est rude, et encore plus pour les photographes indépendants qui doivent se faire leur place au milieu des photographes salariés à plein temps par les grands journaux et magazines Paris Match, France Soir, France Dimanche et bien d’autres. Heureusement, en ce temps-là les artistes et les personnalités n’ont pas d’attachés de presse et les réunions sont moins policées. Plus accessibles, ils se laissent photographier facilement et sont même parfois complices avec le photographe. André Sas savait se trouver au bon endroit, au bon moment, pour réaliser la bonne image. Merci à son fils Philippe de s’être immergé dans son œuvre et nous faire profiter ainsi de tirages exceptionnels.
E.P.





Commentaires