LÉONOR LUMINEAU ▪ CHAMPS D’ARBRES
- Eric Poulhe
- 20 mai 2022
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 juin 2023
ESCALE À LA GRANGE AUX BELLES, PARIS
12 avril 2022 – 20 mai 2022

Peut-on planter, cultiver et récolter des arbres à large échelle comme des champs de céréales ? Dans le Morvan – en Bourgogne -, les monocultures de Douglas plantés en lignes se multiplient. Pour certains industriels du bois, ce résineux américain est « magique » : il pousse vite et droit et sa culture est en partie mécanisable. Aujourd’hui, la France est le plus gros producteur de Douglas en Europe, notamment grâce au Morvan. « Une opportunité économique pour les territoires ruraux », s’enthousiasment certains. « Un danger environnemental », alertent d’autres. À tel point que, dans le Morvan, la contestation anti-monoculture de Douglas grossit. Les opposants s’inquiètent que des forêts diversifiées soient rasées pour être « enrésinées ». Ils dénoncent la fragilité de la biodiversité des sols dans les monocultures, les coupes rases…
CRL10 - Centre Paris Anim' Grange aux Belles
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Le Centre Paris Anim' Grange aux Belles présente le projet « Champs d’arbres » de Léonor Lumineau qui s’est rendu dans le Morvan, entre 2020 et 2022, pour réaliser un sujet sur une exploitation forestière s’orientant vers la monoculture du Douglas.
Le Morvan, territoire rural et peu développé économiquement, contribue amplement à faire de la France, le plus gros producteur de Douglas en Europe. Ce reportage photographique, documenté et accompagné de légendes détaillées, montre bien le dilemme entre l’opportunité économique et la menace environnementale.
Jean-Philippe Bazot, le directeur général de BBF, gros exploitant forestier familial : « Nous sommes une région complètement déshéritée. Je veux bien qu’on se concentre à regarder les paysages, mais c’est subjectif de trouver une forêt de feuillus plus belle qu’une forêt de Douglas. Par contre, ce qui est sûr, c’est que ce résineux peut nous sortir de l’ornière économique. Notre industrie crée des emplois durables et locaux. »
Philippe Canal, forestier à l’ONF et secrétaire général du Snupfen-Solidaires : « Si une monoculture est touchée par une maladie ou un parasite, c’est toute la zone qui est décimée car ces derniers passent d’autant plus facilement d’arbre en arbre. Les monocultures sont plus vulnérables face au changement climatique. »
Si le territoire peut y trouver un intérêt économique à court terme, le bénéfice d’une exploitation forestière industrielle monoculture à long terme, qui aura appauvri et détruit son environnement, est bien plus critiquable. La contestation grandit dans la région contre la malforestation, « l’enrésinement » systématique et les coupes rases. De nombreux scientifiques et cabinets d’études prônent un mode d’exploitation raisonné et innovant avec un mélange des espèces et une mixité d’âges.
L’avenir dira si la logique économique du profit immédiat l’emporte face à la mobilisation citoyenne d’habitants et de maires de petites communes, de plus en plus nombreux.
E.P.





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