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PARIS HUMANISTE

Photo du rédacteur: Eric Poulhe
Eric Poulhe
2 oct.
2 min de lecture

LA GALERIE ROUGE, PARIS

01 octobre 2026 – 19 décembre 2026


À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, La Galerie Rouge vous invite à une exposition sur le thème du Paris Humaniste. Cette exposition réunit certain.es des plus célèbres représentant.es du courant qui a dominé la photographie française d’après-guerre et contribué à sa renommée à travers le monde avec Édouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier, Robert Doisneau, Willy Ronis, Louis Stettner et Sabine Weiss.

Souvent critiqué comme naïf et universaliste, ce mouvement a pourtant réuni des visions très diverses, allant de la photographie documentaire et sociale, à des écritures poétiques ou facétieuses. À travers le thème de Paris et sa représentation, nous avons souhaité dépasser les clichés et les catégories afin de défendre un regard humaniste multiple, complexe et engagé dans le réel.

Avec leurs images, ces photographes cherchent avant tout à mettre en lumière le Paris Populaire et à lui offrir de nouvelles représentations. Willy Ronis photographie ainsi l’Est Parisien, en particulier le XIXe et le XXe arrondissement ; Sabine Weiss les maréchaux où les enfants se retrouvent pour jouer dans les terrains vagues ; Jean-Philippe Charbonnier capture un Paris qui se relève tout juste de la guerre, entre ivresse de vivre et résilience face à la misère ; Édouard Boubat celui d’un Paris bohème incarné par sa première femme Lella.

Sous le regard des photographes, Paris est un décor qui sublime la tendresse des gestes d’enfants, la solitude des passants, l’enthousiasme des danseurs dans les bals musette. Elle incarne aussi un personnage à elle seule, celle d’une ville mélancolique qui se reflète dans les flaques d’eau ou disparait dans le brouillard au petit matin.

Les photographies de Martine Barrat sur le quartier de La Goutte d’Or offrent un contrepoint plus contemporain et politique. Dans les années 1980, la photographe travaille pour le quotidien Libération et se rend régulièrement dans leurs bureaux à Paris.

Pendant une de ses visites, elle découvre la Goutte d’Or, un quartier défavorisé du XVIIIe arrondissement et habité très largement par une population originaire d’Afrique du Nord et subsaharienne. Barrat fait toute suite le rapprochement entre ce quartier et celui d’Harlem. Comme à New York, elle choisit de photographier une « autre » ville, méconnue du grand public. De jour comme de nuit, elle y photographie la fraternité qui unit différentes générations, les liens de solidarité et d’entraide, et la volonté des habitants de créer un monde riche et joyeux malgré la précarité qui existe en arrière-plan. Dans ses photographies de La Goutte d’Or, Martine Barrat adopte un point de vue humaniste qui rappelle en partie la photographie française des années 1950 et pourtant elle s’en détache. L’engagement émotionnel qu’elle investit dans sa relation à ses modèles transforme son œuvre en récit affectif. Chaque personne photographiée semble être un membre à part entière de la famille de cœur de Martine et, à chacun de ses passages dans la capitale, elle se rend à La Goutte d’Or, dans l’espoir de retrouver chacun d’entre eux.


La Galerie Rouge

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© 2017 Eric Poulhe Photographie

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