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PHILIPPE CHANCEL ▪ CACTUSMANIA

Photo du rédacteur: Eric Poulhe
Eric Poulhe
il y a 3 jours
2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

POLKA GALERIE, PARIS

11 septembre 2026 – 31 octobre 2026

Après « Welcome to Paradise » en 2023, la galerie Polka est heureuse de présenter sa nouvelle exposition « Cactusmania ». Un travail imaginé en marge d’une réflexion collective autour du cactus, initiée par le musée Yves Saint Laurent de Marrakech en 2024 et présentée l’année suivante au Nouveau Musée National de Monaco sous le double angle botanique et artistique.

Les cactus ont très tôt fasciné les collectionneurs et autres esthètes « cactomanes ». Car ces végétaux extravagants dont on dénombre plus de 1700 espèces, sont peut-être les plus intrigants et souvent les plus redoutés des jardins remarquables.

L’exposition mêle des prises de vues réalisées de jour, in situ sur fond neutre. Ainsi que des images saisies à l’heure bleue, avec une technique de prise de vue inspirée de l’imagerie multispectrale proche des couleurs infrarouges et des ultraviolets. Dans les jardins du sud de la France et de la frontière_ italienne, la technique permet à Chancel de dépasser le spectre visible pour initier un étonnant voyage à travers les variétés de cactus, grâce aux couleurs et longueurs d’onde.

Au croisement des tableaux surréalistes de plantes succulentes signés Man Ray et Brassaï dans l’entre-deux-guerre, et des études du pape de l’Allemand Karl Blossfeldt sur les structures végétales, Chancel s’est intéressé à la diversité formelle des cactus. En filigrane aussi, à leur trajectoire historique, iconographique et ethnologique autant qu’à leur puissance évocatrice, qui inspira nombre d’artistes. Une dynamique nourrie par les propriétés psychotropes et psychédéliques de certaines de ces plantes — la mescaline, est la substance active de la cactée mexicaine, le Peyotl — omniprésentes dans les cultures pré-colombiennes et catalyseurs d’imagination créative. « Comme si les cactus jouaient à devenir autre chose », note Philippe Chancel. « J’ai cherché ce point de bascule — là où le réel cède, où l’image dérive, où la forme devient captivante. Le reste appartient au regard. »

Derrière leur grande diversité morphologique, leur apparence étrange, à mi-chemin entre des pierres et des dinosaures, ces plantes nous parlent aussi de notre futur. Ils sont les témoins du climat. De notre capacité à nous y adapter, à l’heure où plus que jamais, le monde, comme dans la chanson de Dutronc, ressemble à un désert sec et urticant. Les humains, tels des plantes xerophytes capables de s’adapter à la sécheresse grâce à des stratégies de stockage de l’eau, seront-ils les prochains cactus ?

 

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EXPO PHOTO

© 2017 Eric Poulhe Photographie

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