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DENISE BELLON ▪ UN REGARD VAGABOND

  • Photo du rédacteur: Eric Poulhe
    Eric Poulhe
  • 23 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME, PARIS

09 octobre 2025 – 08 mars 2026

Denise Bellon (1902-1999) fut l’une des plus grandes photographes françaises du XXe siècle, pionnière du photojournalisme, dont l’œuvre court des années 1930 aux années 1970. Le mahJ présente la première rétrospective consacrée à l'artiste, rassemblant près de 300 photographies, objets, lettres et publications.

Née à Paris dans une famille originaire d’Alsace et d’Allemagne, Denise Hulmann contribue en 1934 à la fondation de la coopérative Alliance photo, première agence de l’entre-deux guerres. Marquée par l’esthétique de la « Nouvelle Vision », elle réalise de nombreux reportages dans les Balkans, mais aussi en Finlande et en Afrique, ainsi que des commandes publicitaires d’une grande créativité. En 1940, elle épouse en secondes noces Armand Labin, journaliste juif d’origine roumaine qui entre dans la Résistance. Dissimulant sa judéité à Lyon pendant la guerre, Denise Bellon y poursuit son activité et laisse un ensemble d’images sur la ville sous l’Occupation. Fin 1944, elle couvre le maquis républicain espagnol replié dans l’Aude pour Midi libre, fondé par Labin à la demande du Mouvement de libération nationale. En 1945, elle réalise à Moissac un reportage bouleversant sur la maison des Éclaireurs israélites, qui a été un refuge pour les enfants juifs jusqu’en 1943 et accueillera des orphelins de la Shoah après la libération. En 1947, elle rapporte de Djerba un remarquable ensemble d’images de la communauté juive de l’île tunisienne.

À la faveur de liens noués à l’adolescence avec les sœurs Maklès, elle fréquentera dès l’avant-guerre Georges Bataille, André Masson et le groupe Octobre. André Breton lui confiera la couverture des expositions surréalistes. Le fonds Denise Bellon documente ainsi les œuvres de Victor Brauner, Frederick Kiesler, Wolfgang Paalen, ou Sonia Mossé (déportée à Sobibór en 1943). Elle laisse aussi des portraits de nombreux artistes juifs de l’école de Paris – Moïse Kisling, Kurt Seligmann ou Antoine Pevsner –, d’écrivains dont elle est proche, comme Joë Bousquet, Simone de Beauvoir ou Jacques Prévert, et de cinéastes, tel Paul Grimault. Ses filles feront carrière dans le cinéma : Yannick en tant que réalisatrice et Loleh comme actrice et dramaturge.

D’une exceptionnelle diversité, son œuvre se caractérise par une grande curiosité, tant pour l’ailleurs que pour l’insolite proche, qu’il s’agisse d’un mariage gitan dans la Zone ou du surréalisme dont elle suivra les évolutions. Rompant avec les conventions bourgeoises de sa famille, elle porte sur le monde un regard vagabond, à l'instar d’autres photographes juives de sa génération, à l’instar de Lore Krüger, Gerda Taro, Denise Colomb ou Gisèle Freund.

 

Eric Le Roy, historien du cinéma, et Nicolas Feuillie, responsable des collections photographiques au mahJ

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© 2017 Eric Poulhe Photographie

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